Reconnaissance au combat et opérations psychologiques
De toute évidence, la présence de missiles et de drones de combat russes en Pologne, ainsi que d’avions de chasse russes dans le ciel estonien, n’était pas fortuite.
Il s’agissait essentiellement d’une reconnaissance en force visant à tester le bouclier défensif de l’OTAN et d’une opération psychologique visant à intimider les Occidentaux par la menace d’une invasion militaire.
Mais, dans cette situation, Poutine et ses « anciens du Kremlin » fanatiques ont commis une erreur stratégique. Ils ne comprennent pas que de telles méthodes ne peuvent influencer que des Russes habitués à vivre dans l’esclavage et le totalitarisme. Dans les sociétés démocratiques et parmi les citoyens épris de liberté, de tels actes d’agression provoquent généralement un retour de bâton. L’attaque japonaise sur Pearl Harbor pendant la Seconde Guerre mondiale mérite d’être mentionnée. Il est bien connu que cette attaque a permis aux Japonais de remporter un succès tactique temporaire, mais elle a finalement subi des défaites stratégiques. L’attaque sans précédent contre une base militaire américaine a uni toutes les couches de la population américaine et a donné au gouvernement américain des bases juridiques et morales pour entrer en guerre, avec une autorité quasi illimitée pour utiliser toutes les forces et tous les moyens afin de vaincre l’ennemi.
Tout le monde connaît le dénouement de l’attaque de Pearl Harbor pour le Japon. Mais on ignore encore sur quoi Poutine compte en recourant à des provocations mesquines contre l’OTAN. Les pouvoirs en place réagiront-ils à ses actions comme à du hooliganisme mesquin, sans y prêter attention ? Mais cela pourrait n’être le cas que pour le moment. La guerre déclenchée par la Russie contre l’Ukraine a déjà détruit tout le système actuel de sécurité internationale, a provoqué des bouleversements tectoniques dans la politique internationale et a engendré de graves problèmes économiques et environnementaux. L’aventure russe contre la Pologne a également porté atteinte aux intérêts économiques de ses plus proches alliés, la Biélorussie et la Chine. Quelle est la suite ? La réponse à cette question reste floue, même si la logique des actions de Poutine et de son Kremlin suggère qu’ils cherchent à monter le monde entier contre eux, ce qui aboutira inévitablement à la défaite de la Russie et à sa disparition définitive de la scène politique mondiale.
Oleg Berezyuk,
Institut de Politique Globale
Institut de Politique Globale